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Quand le corps cesse d’être un ennemi :
repenser le langage de la santé
Les mots que nous utilisons pour parler de notre corps influencent profondément la manière dont nous le vivons. Dans le langage courant, la maladie est souvent décrite en termes de guerre : on parle de lutter contre la douleur, de résister à la maladie, d’affronter une pathologie sérieuse, ou de gagner et perdre des combats. Ces expressions peuvent sembler naturelles — voire motivantes — mais elles font bien plus que décrire la réalité. Elles façonnent notre perception du corps, notre attention aux sensations et la manière dont nous vivons notre santé.
Quand le corps commence à prendre ses distances
Même avant l’apparition de métaphores guerrières, cette dynamique peut se manifester de manière subtile au quotidien. Lors d’une séance, une femme âgée m’a confié : « Je couperais cette moitié de mon corps », en évoquant une longue histoire de douleurs et de difficultés affectant tout le côté gauche. Une autre personne, plus jeune, a simplement dit : « Cette jambe fait ce qu’elle veut. » Ce type de langage revient fréquemment dans les séances et montre comment certaines parties du corps peuvent commencer à être vécues comme étrangères, problématiques, ou ne faisant plus entièrement partie de soi.
Quelque chose de subtil mais de profond se produit alors : une partie du corps cesse d’être ressentie comme mienne pour devenir autre. Une distance s’installe. L’expérience corporelle se fragmente. Il existe un « moi » qui observe, et un corps — ou une partie de celui-ci — perçu comme peu fiable, étranger ou difficile.
Cette manière de parler n’est pas seulement descriptive ; elle reflète un schéma relationnel qui se met progressivement en place. Le corps devient quelque chose à contrôler, surveiller ou corriger. Lorsqu’il ne répond pas comme prévu, frustration, méfiance et parfois même sentiment de trahison peuvent apparaître, préparant le terrain pour qu’une relation plus conflictuelle s’installe.
De la distance au conflit
Une fois cette séparation installée, un état d’esprit de lutte émerge souvent. Un corps qui ne se comporte pas comme souhaité peut être perçu comme un ennemi, entraînant des tentatives de résistance ou de confrontation. Pourtant, le corps ne suit pas d’ordres et ne fonctionne pas en termes de victoire ou de défaite. Il se déploie comme un processus vivant, sensible et en constante évolution.
Pour certaines personnes, cet état peut temporairement motiver à agir, mais pour beaucoup, il entraîne fatigue, tensions et difficulté à reconnaître leurs limites personnelles.
Du conflit à l’écoute : une approche fasciathérapeutique
La fasciathérapie, selon la méthode Danis Bois, propose un changement profond : passer de la lutte à la relation. Le point de départ n’est pas le corps observé de l’extérieur, mais l’expérience vécue par la personne. Il ne s’agit pas de parler du corps, mais de parler depuis le corps.
Le corps communique en permanence : il nous guide, envoie des signaux, nous alerte et nous montre ce dont il a besoin. Lorsque nous ne l’écoutons pas, ou interprétons mal ses messages, il réagit comme nous le ferions si personne ne nous écoutait : ses signaux s’amplifient, il peut « crier », s’alarmer ou sembler perdu. Une attitude d’écoute patiente et calme transforme ce processus, permettant au corps de clarifier ses messages et de rétablir la communication avec le « moi ».
Au cours des séances, les personnes sont invitées à percevoir les sensations subtiles et à explorer ce qui se passe dans leur expérience corporelle avec attention et curiosité. Ce qui semblait autrefois être un problème peut devenir une source d’orientation et d’éclairage. Le processus n’impose aucun changement ni ne poursuit d’objectifs prédéfinis. Il crée plutôt un espace où la personne peut percevoir, reconnaître et transformer son expérience, accompagnée par un thérapeute qui écoute plutôt que corrige.
La fasciathérapie en pratique
Cette approche n’est pas seulement subjective. La plupart des personnes constatent des changements tangibles : soulagement des douleurs persistantes, amélioration de la mobilité, tonus musculaire plus cohérent et stable, et une sensation de légèreté renouvelée dans le corps. Elles remarquent souvent plus d’énergie, une plus grande fluidité dans les mouvements, ou la capacité d’intégrer des expériences difficiles ou traumatiques qui s’étaient figées dans le corps, parmi d’autres bénéfices.
D’après mon expérience clinique en tant que fasciathérapeute certifiée (méthode Danis Bois), la fasciathérapie aide à résoudre douleurs, troubles musculo-squelettiques, tensions, inconfort et autres problèmes qui n’avaient pas répondu aux approches précédentes. Beaucoup de personnes arrivent après des examens médicaux et thérapies étendus, toujours en quête de méthodes permettant au corps de se réorganiser et de soulager l’inconfort. La fasciathérapie peut être particulièrement efficace dans ce contexte, des améliorations notables apparaissant souvent dès les premières séances.
Chaque personne progresse à son rythme, découvre de nouvelles possibilités et apprend à faire confiance à son expérience corporelle. Ce type d’accompagnement favorise des processus de changement plus fluides et profonds, transformant durablement la relation au corps et ouvrant de nouvelles voies pour aborder des problématiques anciennes, améliorant significativement la qualité de vie.
Prendre soin des mots, prendre soin de la relation
Il ne s’agit pas de censurer le langage ni d’imposer un nouveau vocabulaire. Il s’agit de conscience. Les mots peuvent renforcer la distance ou créer du lien. Ils peuvent alimenter la lutte ou ouvrir un espace d’écoute.
Dans un monde où beaucoup vivent avec tension ou méfiance vis-à-vis de leur corps, favoriser une relation plus respectueuse est un acte de soin. Le changement peut commencer non pas par faire davantage, mais par écouter différemment. Lorsque le corps cesse d’être traité comme un ennemi, il peut redevenir un espace personnel : vivant, sensible et habitable — un lieu à partir duquel naviguer dans la vie.
Même dans des situations souvent décrites en termes de « combats », comme les maladies graves, ce changement de perspective — du conflit à la relation — peut transformer profondément la manière dont le corps est vécu et soutenu.
Je vous invite à vivre une séance de fasciathérapie pour soutenir la santé de votre corps, améliorer le mouvement fonctionnel et favoriser le bien-être physiologique global.
Monica Espinoza - Janvier 2026


Fascia Brussels
Monica Espinoza - Fasciathérapeute
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